Le chafouin

20 avril 2018

Quel genre de gars c'est?

Quel genre de gars c'est?
Le genre à rêver de caviar tout en manquant de défaillir devant des oeufs de limaces dans son jardin.
Le genre de gars qui, depuis des décennies, a tellement bien avalé les conventions/couleuvres sociales qu'elles se sont dissoutes dans son organisme.
Il les a faites siennes, il ne doute ainsi jamais que le chemin de la majorité est forcément la voie du bien.
Le genre de gars qui, face à un pont majestueux menant à une forêt bruissante de vie, descend à mains nues au fond du  précipice, puis escalade l'autre versant, parce qu'il croit sincèrement "que la vie n'est pas faite pour être facile".
Alors qu'il n'y a pas grand chose de plus simple que de se rendre la vie belle.

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18 avril 2018

Une bonne tarte à la joie

J'engrange actuellement des quantités considérables de strates de bonheur.
J'aimerais que ma joie soit sécable, je t'en offrirais alors une large tranche afin que tu dégustes, toi aussi, la joie d'exister.
Pour te rappeler les arômes de la sérénité et la suavité de ces moments où le temps semble ralenti par la densité du contentement.
Quant à moi, j'espère que ce matelas de joie pourra servir d'amortisseur face aux instants plus durs à gérer que l'avenir ne manquera pas de m'envoyer.
En attendant, je suis suspendu hors du temps, hors du désir, hormis celui que ces moments-là perdurent.

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09 avril 2018

Flegme à tiques

Il m'a gâté en m'offrant un superbe cadeau : un recueil des discours des présidents successifs de la Banque Centrale Européenne, depuis sa création jusqu'à Mario Draghi.
J'étais aux anges, il connaissait si bien mes goûts!
Désormais en confiance, je lui ai narré mon projet de fuite en Italie et mon envie de camper sauvagement sur une des nombreuses corniches surplombant La Spezia.
Je ressentais une grande fascination pour la vie de chasseur/cueilleur/voleur.
La nourriture, la lumière, la mer, la végétation, la beauté des femmes... tout me botte dans la Botte transalpine.
Et la langue est exquise à entendre surtout quand, comme moi, on ne la comprend quasiment pas.
Alors, on a l'impression que les gens racontent moins de conneries qu'en France, même si ce n'est certainement pas le cas.
Mais, après tout, l'important n'est pas tant ce qui est, que ce en quoi nous croyons.

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08 avril 2018

Et pour un baiser ?

J'avais déniché, sur internet, le site d'une escort-girl indépendante assez épatante.
Olga, 22ans, ukrainienne, avait un minois de communiante et le corps d'une actrice porno (mieux valait cela que l'inverse).
Ses tarifs étaient décomposés comme la carte d'une pizzeria : on pouvait ajouter les ingrédients de son choix moyennant finances.
J'ai rapidement opté pour la fellation, la pénétration vaginale et l'éjaculation faciale.
Total : 180€, pas donné, mais j'avais des frissons rien qu'en admirant son joli nez.
Mais, sûrement par excès de romantisme, je n'avais jamais pu avoir de relation sexuelle avec une femme sans l'embrasser.
En effet, j'avais besoin de savoir que ma partenaire me désirait autant que je la convoitais (ou tout du moins qu'elle fasse bien semblant).
Bref, j'ai envoyé un mail à la belle Olga pour savoir combien me coûterait un supplément "bisou sur la bouche" que je ne voyais nulle part sur son site.
En retour, la sexy slave m'envoya valser "je ne pratique pas cette perversion".

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07 avril 2018

Au jardin

Beaucoup d'êtres humains s'estiment supérieurs aux oiseaux, pourtant peu d'entre eux seraient capables de faire avec leurs deux mains le nid que les volatiles fabriquent avec le bec.
Combien de temps un homme moderne moyen survivrait-il perdu dans la nature sauvage?
Nous ne savons même plus faire du feu.
Nous utilisons des technologies dont nous ne comprenons pas le dixième du fonctionnement.
Nous sommes de moins en moins autonomes et indépendants.
Nous aspirons la technologie comme des drogués sniffant de la cocaïne, tant que nous en disposons, tout va bien...
Si elle vient à bugguer ou à manquer, nous devenons aussi vulnérables que des oisillons sortis du nid.
Je me fais ces réflexions dans le jardin tandis que, agitées par le vent, les tiges de bambous grincent comme une belle-mère acariâtre.
Les papyrus ondulent, eux, langoureusement sous les généreuses tranches de soleil.
Je me sens bien.

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06 avril 2018

Intolérance et digestion

Suis-je vraiment trop intolérant et irascible?
Juste parce que je souhaite mener au bûcher le salopard qui eut l'idée, un jour, de mettre de l'ananas sur une pizza?
Parce que j'aimerais uriner sur la tombe du scélérat qui a décidé d'appeler le sarrazin du "blé noir", alors que ce n'est pas du blé ?
Parce que je me gausse des femmes qui secouent la tête pour chasser une mèche volage, plutôt que de la coiffer avec la main?
Je n'ai aucun problème avec le lactose, le gluten, ni même avec les tripes à la mode de Caen.
Je digère tout très bien, excepté l'humain.

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05 avril 2018

Cause toujours

La parfaite langue de bois, patinée par les ans, s'écoule tranquillement de la bouche souriante du footballeur interviewé.
Les sportifs semblent être devenus de vrais hommes politiques, ils ne veulent froisser aucun coéquipier, sponsor ou journaliste. 
"L'important c'est les trois points" remplace la "lutte prioritaire contre le chômage" des diplômés de l'ENA.
Les phrases creuses et ronronnantes du stoppeur ou de l'ailier finissent par endormir jusqu'au preneur de son, bercé par ce babillage hyper formaté.
Face à ce lénifiant spectacle, nous ne pouvons que nous interroger : pourquoi persister à vouloir faire causer des gens n'ayant rien à dire?

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Une certaine agilité des tympans

Je racontais à ma psy pourquoi je prononçais toujours le mot "agileté" au lieu d'agilité.
C'était limpide, c'était à cause des jeux de rôle de "l'Oeil Noir" auxquel je jouais adolescent (toujours seul, ce qui en amoindrissait l'intérêt).
Chaque personnage de ce jeu avait des caractéristiques mentales, physiques et magiques;  l'habileté était inscrite juste au-dessus de l'agilité.
Si bien que, encore aujourd'hui, je vois mentalement le mot "habileté" quand je vocalise "agilité".
"D'où le "agileté" sortant de ma bouche" ai-je conclut triomphalement en jetant un regard vers ma thérapeute.
Elle semblait se retenir de bâiller tant elle s'ennuyait; j'étais sûr qu'elle pensait à son déjeuner qui approchait plutôt qu'à ma logorrhée.
J'étais un peu peiné pour elle mais après tout elle était payée pour m'écouter, pas pour m'apprécier ou prendre du bon temps.
Ma psy n'était finalement, ni plus ni moins, qu'une péripatéticienne louant ses oreilles contre une poignée d'euros.

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04 avril 2018

Ô intelligence, suspends ta réflexion

Les points de suspension sont la conjugaison idéale des cossards.
Ils laissent entendre que l'auteur veut exprimer beaucoup plus de choses que les mots qu'il emploie ne l'indique.
On met trois petits points et le texte semble bruisser de sous-entendus, de références (claires ou pas) voire de suspense.
Les points de suspension devraient être interdit par la constitution car ils empêchent l'auteur de se décarcasser afin de trouver les mots correspondant à ses pensées.
Il est temps d'être exigeant.

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03 avril 2018

Miroir

J'ai déplacé mon grand miroir, qui était auparavant caché dans un recoin de mon appartement, pour le disposer en évidence dans la pièce principale.
Je n'ai plus honte de voir mon reflet plusieurs fois par jour; je n'ai plus peur de contempler ma silouhette dans son environnement habituel.
Cette nouvelle disposition me permet également de découvrir, à l'envers dans le reflet, des détails ou évidences que je n'aurais pas remarqués dans le monde "à l'endroit".
Il me paraît évident que tout changement de point de vue, d'angle d'observation, augmente la richesse de l'existence.

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