Je suis comme la rosée du matin, pressée de s'évaporer et d'amener la pluie, plus tard et plus loin.
Je veux découvrir de nouveaux paysages et des visages innovants.
L'habituel m'écoeure et pourtant je m'y enlise.
Quand j'étais enfant, je ne dépensais quasiment jamais mon argent de poche.
Parfois, j'achetais des disques, mais la plupart du temps, j'étais heureux d'entasser l'argent puis de le déposer sur mon livret A.
Début janvier, je recevais mon relevé et j'admirais les intérêts qui venaient se rajouter au solde de mon livret sans aucune intervention de ma part.
En m'abstenant simplement de toute action, je me trouvais enrichi, c'était magique et inspirant.
Hélas, j'ai cherché à dupliquer ce comportement dans ma vie entière, notamment dans mes rares relations sociales, et le résultat en a été très peu satisfaisant.
Economiser, d'accord, mais pour faire quoi au juste?
Etre le plus riche au cimetière?
Engraisser l'état avec ma succession vacante? Ou que le peu qui reste revienne à un quelconque petit neveu basané pour qui je n'ai aucune affection?
Je n'ai aucun rêve onéreux, à part celui de disposer d'un pécule me permettant d'ignorer le monde si celui-ci consent à me foutre la paix.

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