Je suis dans un cimetière que je n'avais encore jamais visité.
Dans un recoin, se cache un mignon "jardin de méditation", je m'y assois quelques instants.
Face à moi se trouve un tout petit étang, en son milieu un ilôt offre sa terre à un érable du Japon.
Tous ces gens ensevelis à quelques mètres de moi, sous des croix chrétiennes, croyaient-ils réellement à une vie après la mort?
Espéraient-ils, en leur for intérieur, le paradis?
Craignaient-ils l'enfer?
Je ne sais même pas ce qu'il en était de mes grands parents; j'aurais aimé avoir eu l'audace de leur demander.
À moins que les vieux ne trouvent la mort trop proche pour avoir envie d'en discuter?
Les jeunes, eux, n'y connaissent pas grand chose, il faut bien l'avouer.
Finalement, une nation, c'est comme dieu : si trop de gens cessent d'y croire, elle n'existe plus.
Nous n'en sommes plus très loin.
Je sens mon estomac gronder, cherchant à se faire remarquer.
Il faut ruminer la faim et non chercher à la satisfaire immédiatement.
Elle nous taquine l'esprit la garce, le tient en alerte et en éveil.
La faim donne l'illusion que nous sommes maître de notre destin en retardant son contentement de quelques instants.
Elle a, jusqu'à notre trépas, gain de cause.
Qu'il est enthousiasmant de se connaître enfin!
Aussi bien physiquement que mentalement, d'être à l'écoute de son être.
Je traque les douleurs ou les signaux qui, par le passé, précédaient mes mises au tapis.
Les données recueillies, je compare, je pose des hypothèses ou décide de quelles actions mener afin de m'alléger. 
Se "prendre la tête" peut paraître rebutant et peu engageant, mais ce processus est parfois (souvent) nécessaire à une vraie introspection.
Sinon, il y a le risque que nous en restions à une simple papouille de l'ego, ne débouchant sur aucune transformation personnelle, mise à part nous offrir bonne conscience.

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