Avant de sortir, je me sentais nauséeux, un peu comme si j'avais serré la main de Laurent Wauquiez.
Dehors, le puissant et pluvieux vent oxygéna mon cerveau qui en avait grand besoin.
Les feuilles mortes de différentes espèces d'arbres jonchaient le sol et le coloraient gaiement.
Je donnais des coups de pied dans les tas amoncelés comme un enfant insouciant.
Les chants des oiseaux, l'éclat des végétaux, la clarté de ce matin automnale, tout concourrait à me donner l'impression de recevoir de l'affection, et même de l'amour, de la nature, de l'univers.
Ce que les relations sociales ne m'apportaient pas, je le traquais à l'abri des fourrés ou dans le reflet du fleuve.
Comme un appareil déchargé, je me branchais sur une prise de substance existentielle, de la résine ontologique, je me reliais à mes sens.
Peut-être étais je cela fondamentalement : un être sensuel et non intellectuel.
J'étais reconnaissant pour ces moments de joie, même si je ne savais pas envers qui ou envers quoi.
Pour fêter ça, de retour à présent dans ma tanière, je trinque avec moi-même, un verre vide d'alcool à la main.
Je dresse un bilan (parce qu'il est un peu temps) : je n'ai plus envie de me pendre, malgré tout j'aimerais l'avoir déjà bel et bien fait.
Je me demande quel serait l'état de mon corps si j'étais parvenu à mes fins lors de mes funestes et précédentes tentatives.
Resterait il des cheveux, quelques bouts d'ongles?
Foutaises, il n'y aurait vraisemblablement plus que mon squelette, souriant davantage à la mort que je ne l'ai fait à la vie.

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