Quelque part, si j'existe, c'est parce que j'ai tué.
Tué des cellules qui auraient pris la place des miennes pour constituer un autre moi, un alter ego tiré au sort parmi des milliards possibles.
C'est peut-être cela le péché originel : le meurtre de toutes les potentialités qui auraient incarner des destins différents.
Ma naissance a rempli une niche écologique que d'autres auraient pu occuper à ma place.
La peau de mon crâne se met à trembler lorsque je songe au nombre de versions de moi, de toi, de vous tous qui se baladent quelque part dans cet univers - ou dans un autre - éparpillées dans l'espace-temps.