Ah, ces lycéens, toujours en train de ricaner!
Est ce que je riais autant avec les autres, moi, lorsque j'étais scolarisé?
Non.
En même temps, quand on se cache dans les toilettes durant la récré, on n'a pas trop envie de rigoler en allant au bahut.
Même en y arrivant souvent bourré suite à l'absorption de grands verres de jus de fruits remplis d'un mélange détonnant Martini/pastis/vin blanc/Cinzano/Porto/vieille prune (ou de n'importe quoi d'autre se trouvant dans le bar familial).
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Ces rires juvéniles m'ont longtemps agacé mais aujourd'hui je les trouve plutôt rassurants.
Parfois même ils me sont agréables, car j'ai réalisé que le malheur d'autrui finit toujours par nous retomber dessus, d'une façon ou d'une autre.
La douleur et l'insatisfaction s'agrègent en effet en lourds nuages qui, bien vite, se déchirent et balancent sur nos gueules de longues pluies acides.
Riez donc, jeunes ou vieux, riez autant que possible.