Je regarde un de mes cactus et remarque qu'une mouchette s'est embrochée sur une de ses multiples piques.
L'insecte est mort.
On a beau apprendre de la vie, on oublie souvent le fruit de nos réflexions, de nos expériences.
Et on retombe, encore et encore, dans les mêmes chausse-trapes.
Comme si nos musclent brulaient d'envie de nous conduire aux sources du mal-être de notre âme.
Ai-je réellement envie de voir des gens?
Non.
Est-ce que je ne ressens pas plutôt le besoin du regard d'autres, validant ma réalité ?
Si les gens apprécient autant la compagnie de leurs (dis)semblables, c'est en partie parce que cela leur permet, via l'évocation de faits passés, de revivre leur existence plusieurs fois, donnant à celle-ci une profondeur et une importance supplémentaires.
Autrui est le témoin de mon passé et peut en témoigner.
Qu'est ce que vivre, sinon bricoler notre quotidien après qu'une passion nous ait quittée, attendant qu'arrive la suivante?
La nouvelle passion nous éloignera un temps de nos pensées obsessionnelles et angoissantes.
Puis, le "moi" prendra congé du "nous", établissant une distance croissante entre ce qui était jadis un couple.
La passion brûle, foudroie, ce n'est certainement pas un conte de fée paisible et reposant.
La passion permet parfois de réanimer une âme déprimée, comme peut l'être un corps inanimé par des stimulations cardiaques.
J'aime me désorienter.
Laisser mes pas m'emporter dans des quartiers étrangers, permettre à mes muscles de bouger, tout en laissant mon âme se reposer.
Me perdre m'étourdit quelque peu, l'espace d'un instant je ne sais plus où je suis, qui je suis ni ce que signifie ma quête ici.
Je recherche le sens, désespérément, de tout cela, dans les couleurs, les cris, la puanteur et tout ce que je peux collecter comme données sensorielles.