Nous regardons vaguement la télévision dans laquelle des animateurs papotent de façon si gentille et conviviale que j'en suis écœuré, comme si j'avais abusé de cheesecake ou de baklava.
Trop de sucre tue le sucre.
Alors, je bouge, l'insignifiance des propos tenus à l'écran me pousse à dynamiser mon corps.
- tu fais quoi?
- je m'étire un peu...
- tu as mal au dos?
- non, c'est juste que ça me fait du bien
Elle me regarde longuement, peut-être pour se laisser le temps de juger du caractère sérieux (ou pas) de ma phrase.
Comme s'il était fantasque de vouloir se faire du bien. 
Puis, les yeux toujours dirigés vers le poste, elle balance la Nouvelle d'un air ingénu, à la manière d'une présentatrice de journal télévisé égrenant des scores de match de football.
Elle pince ses lèvres pâles l'une contre l'autre, paraissant déguster l'écume des mots comme une sauce raffinée.
La Nouvelle m'envoie un direct dans l'estomac et un crochet dans la gueule.
D'un coup, l'électricité dans l'air crépite de toutes parts et moi, moi monsieur, je suis foudroyé par la sidération.