J'aime le lierre.
C'est un végétal qui ne se la raconte pas.
Il n'est pas du genre à exhiber de grosses fleurs, comme une putain montrerait son cul et sussurerait "butine moi, chéri".
Ni à ravir par un parfum délicieux.
Il rampe, il grimpe, il s'accroche le lierre, imperturbablement.
C'est un sacré têtu.
Il est symbole de ruine, de futilité des oeuvres humaines, bien vite obsolètes puis recouvertes de ses feuilles en forme de bombardiers furtifs.
Memento mori.
Mais il est aussi symbole de la puissance de la vie puisqu'il résiste quasiment à tout, le soleil, l'ombre, le froid, le chaud.
On ne peut pas dire qu'il ait besoin de beaucoup d'affection.
Le lierre donne l'illusion qu'on le dirige, par des treillages, des tuteurs; mais on ne lui est qu'utile.
Il suffit de laisser une demeure inhabitée quelques temps pour voir le lierre dévorer l'hier.
Aussi peu respectueux de l'homme et de son passé qu'un chien rendu fou par la famine qui mangerait son propriétaire.

le transi de rené de chalon, par ligier richier - eglise saint etienne de bar le duc