Il ne m'est jamais arrivé de voir un héron cendré de si près.
Habituellement, lorsque je distingue ce bel oiseau, il se trouve au milieu d'un étang, solitaire éternel, immobile et sans inquiétude apparente pour la suite de son existence.
Aujourd'hui, le héron a posé ses pattes repliées sur une barrière en métal dans le grand parc municipal attenant à mon quartier; je me trouve à moins d'un mètre de lui et tout est calme.
L'oiseau semble répandre sa sérénité dans l'atmosphère l'entourant, un peu m'en parvient et je sens mon âme s'élever au contact de ce doux présent.
Le charme de cet instant est rompu par une mouette de méchante humeur qui se met à tournoyer autour du bel héron, lui criant des protestations, des indignations et des mises en demeure de quitter immédiatement cette barrière faisant partie intégrante de sa propriété (je comprends très bien le mouettant).
Le héron ne bouge pas une paupière, ne tourne pas même son regard en direction du nerveux et énervant plaignant.
Je suis impressionné par cette placidité, je sens la nécessité de la garder vive dans ma mémoire afin d'y avoir recours, au besoin, un jour de grande anxiété ou lorsque mes mouettes à moi viendront me déranger.