"Solitude : douce absence de regard" (Kundera)
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Cet homme traite son âme comme un salafiste sa femme : il la dissimule aux yeux d'autrui dans l'espace public pour pouvoir en jouir, seul, une fois rentré chez lui.
Cet homme là n'est guère partageur.
Il enferme son esprit à double tour dans un placard de son petit appartement, puis il sort dans la rue la tête et les tripes vidées, anonymisées.
Parallèlement, ou en conséquence peut-être, cet homme élève sa paranoïa avec les mêmes soins dont il entoure ses bégonias, elle en devient donc fort logiquement superbe et luxuriante.
Il pense que, tout comme chacun a le droit d'avoir des allergies alimentaires, chacun devrait pouvoir vivre en assumant ses intolérances relationnelles.
De toute façon, explique t'il parfois abruptement, à quoi bon parler avec des gens alors que les mots n'ont pas le même sens pour tous?
Pourquoi nager en société si cela implique de s'épuiser constamment à contre-courant?